Le syndrome d'apnée du sommeil est une maladie fréquente qui touche plus de 10% des Français et presque un milliard de patients dans le monde. Il se manifeste par des interruptions de la ventilation qui sont en fait des étouffements respiratoires (apnées) au cours du sommeil se répétant plus de 15 fois par heure pour les patients « modérés » et jusqu'à plusieurs dizaines de fois par heures pour les « sévères ». Il est normal de faire quelques pauses respiratoires pendant le sommeil, mais si elles sont nombreuses et durent plus de 10 secondes, elles causent un manque d’oxygène, elles fragmentent le sommeil, le rendent moins récupérateur et ont des répercussions sur la santé. Comment se manifeste l’apnée du sommeil ? Quels sont ses impacts sur la santé et les facteurs de risques ?
Pour le Renaud Tamisier, cette pathologie est méconnue du grand public, d’ailleurs 8 apnéiques sur 10 ne sont pas au courant qu’ils font de l’apnée du sommeil ! En dehors du ronflement, les signes ou symptômes ne sont pas nocturnes. Les micro éveils ne sont pas mémorisés et la sensation d’étouffement nocturne et le besoin répété d’aller uriner la nuit, sont des symptômes qui surviennent assez rarement. Les signes principaux sont donc classiquement la somnolence diurne, un sommeil non réparateur, des maux de tête au réveil, des troubles de l’attention, une fatigue et une irritabilité accrue. Ils sont souvent associés à la présence de pathologies cardiovasculaires (hypertension, trouble du rythme cardiaque ou un accident vasculaire cérébral). Parfois, c’est l’entourage qui s’inquiète en notant des bruits d’étouffement ou la sensation d’arrêts respiratoires suivi d’une reprise de respiration bruyante.
C’est avant tout une perte majeure de qualité de vie. Sur le plan de la santé, les patients porteurs d’un syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) vont avoir une consommation de soins importante durant les années précédant le diagnostic. En effet, ils ont une symptomatologie non spécifique faisant errer le diagnostic par des examens souvent non nécessaires. Par ailleurs, il existe une surmortalité cardiovasculaire associé au SAOS avec, notamment, un risque important d’accident vasculaire cérébral (AVC).
Il s’agit avant tout d’une maladie en rapport avec la forme des voies aériennes supérieures et de la mâchoire en particulier, mais qui est très impactée par le surpoids qui aggrave la sévérité du syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) de façon quasi linéaire.
Son médecin traitant saura poser les bonnes questions afin de préciser la plainte et le degré de sévérité du trouble. Il pourra ainsi orienter le patient vers un centre de sommeil ou un praticien formé pour explorer et prendre en charge les troubles du sommeil.
Réponse avec le professeur Renaud Tamisier
Pneumologue, professeur des Universités à l’Université Grenoble Alpes, Président du Centre du Sommeil de Grenoble
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